Bienvenue sur mon nouveau blog !
Je l 'ai créé pour recueillir les textes que j'écris, soit dans le cadre de l'atelier d'écriture* auquel je participe, soit pour le simple plaisir de les partager avec vous...
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Rédigé à 17:30 | Lien permanent | Commentaires (9)
Bonjour,
« Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2010 ! » clamais-je, plutôt joyeusement. À ces mots, ils me regardèrent, l’air surpris, avec dans le regard une lueur qui trahissait comme une incompréhension... M’étais-je lamentablement planté, encore une fois, comme chaque année, depuis plus de 20 ans ? Pourtant, ce coup-ci, j’avais décidé de faire simple, voire simplissime, mais leur moue désapprobatrice m’indiquait, sans le moindre doute, que le message sonnait toujours aussi faux à leurs oreilles.
Je me souviens de mes essais antérieurs : poèmes, chansons, textes drôles, propos enflammés, grimaces comiques et même une année un numéro de mime, c’est pour dire. Mais avec eux, je n’ai connu que des échecs ! Comment faire alors pour leur dire tout le bien que je leur souhaite, tous les bonheurs que je leur espère, tous les tendres moments que je leur imagine ? Pourtant, je suis sincère, je leur souhaite vraiment tous ces précieux instants pour 2010, ainsi qu’à vous qui me lisez et me trouvez un peu désappointé. J’ose simplement espérer que vous les recevrez avec plus d’enthousiasme que le firent mes deux toutous, compagnons fidèles, mais décidément sans conversation.
Bien à vous,
Rédigé à 23:26 | Lien permanent | Commentaires (2)
Le soleil perçait avec insistance les volets, tandis qu’Aurore sommeillait et tentait de résister à ses assauts ; lasse de batailler, elle s’avoua vaincue et ouvrit grand les yeux. Un regard rapide sur sa montre suffit à la réveiller totalement, 10h00, grand Dieu, il ne fallait pas qu’elle tarde sous peine de manquer son rendez-vous. Elle, d’habitude si matinale, se souvenait avoir eu beaucoup de mal à s’endormir, trop perturbée à l’idée de cette rencontre, et n’avait finalement réussi à trouver le sommeil qu’à la pointe de l’aube.
Dehors résonnait le flux et le reflux des vagues qui s’étalaient lentement sur la plage nimbée de lumière. Leur bruit était couvert par les cris moqueurs des goélands qui voletaient au-dessus des rares promeneurs. Bien que ce spectacle la ravisse, Aurore n’y prêta qu’une discrète attention, car elle n’avait qu’une petite heure pour se préparer. Elle avala rapidement son petit déjeuner sur la terrasse abritée du vent marin. De toute façon, elle n’avait pas faim, son estomac était noué, proche de la nausée. Elle se rendit compte qu’elle appréhendait cette rencontre, qui était imminente, avec cet écrivain.
Cela faisait un peu plus d’un an maintenant qu’Aurore écrivait régulièrement, oh, rien d’extraordinaire, non, juste des petits textes, des nouvelles plutôt vives et gaies, qu’elle publiait ensuite sur son blog. Elle écrivait au calme, loin de l’agitation quotidienne, souvent dans ce petit appartement, où elle se tenait maintenant, magnifiquement situé au bord de la mer. Aurore avait ses manies, elle n’utilisait jamais de stylo-bille, leur préférant les stylo plumes qui glissent, plus rapidement, sur les feuilles et lui permettent d’absorber ses pensées qui, le plus souvent, s’écoulent en flot continu. Elle préfère l’encre noire à la bleue, non qu’elle soit contre la couleur, mais sans doute inconsciemment, pour se plonger plus facilement dans les époques passées, qu’elle aime décrire et qu’elle visualise en noir et blanc, comme de vieilles photos. S’il existait des encres sépia, elle les utiliserait sans hésiter.
Cette passion pour la création littéraire la calmait de ses préoccupations professionnelles et lui permettait de s’évader. Elle aimait ensuite les partager avec son lectorat de fidèles et d’amis, via la toile. Son public, encore peu nombreux, mais conquis, était de plus en plus demandeur, à sa grande surprise ! Mais c’était avec plaisir qu’elle leur adressait sa prose, qu’elle parsemait de temps en temps de poèmes, quand son esprit s’envolait et qu’il lui semblait quitter Terre.
Tout allait donc bien dans sa passion, jusqu’à ce matin de juin, où elle eut la surprise de recevoir un courriel qui émanait d’un écrivain qu’elle appréciait particulièrement. Dans ce courrier, parfaitement rédigé, mais un peu sévère, il la priait de le rencontrer au plus vite pour évoquer avec elle un projet d’écriture qu’il n’avait pas le temps d’accomplir lui-même.
Aurore ne se connaissait pas de talent particulier, mais, une fois la surprise passée, fut honorée et accepta, non pas le projet d’écriture, mais le rendez-vous, n’osant croire encore qu’il fut possible qu’elle ait bien compris... Dans sa lettre, il lui disait qu’il aimait sa fraîcheur, son style direct et sa façon de jouer avec les mots, un peu comme lui le faisait. Il est vrai qu’Aurore, par mimétisme inconscient, avait un peu copié le style de l’auteur, par cette sorte de filiation qui fait que les élèves imitent leurs maîtres.
Enfin prête, Aurore jeta un dernier regard dans le miroir et sortit rapidement de son petit appartement pour se diriger vers le « Bar des Amis », lieu de leur rendez-vous. Son contact était déjà arrivé, un peu en avance, il faisait les cent pas devant la terrasse, une petite sacoche à la main, visiblement nerveux. Voyant Aurore et la reconnaissant de suite, alors qu’il ne l’avait pourtant jamais rencontré au préalable, il lui adressa un large sourire, du genre de ceux qu’adresse un père à sa fille. Il avait les yeux bleus, vifs et alertes, et dans la voix une sorte de douceur mêlée de tendresse qui mit immédiatement Aurore à l’aise.
Plutôt que de s’asseoir, il lui proposa de marcher le long du port, ce qu’elle accepta avec joie. Ils longèrent le petit train touristique, qui chargeait sa cargaison de vacanciers bruyants, et descendirent sur le quai, beaucoup plus calme. Tandis qu’ils cheminaient, Aurore ne dit mot, subjuguée par l’élégance et l’éloquence de ce maître des mots, comme envoutée par le charme de cet homme mûr qui pouvait être son père, et comme nimbée par l’aura qui l’entourait. Elle se mit à rire intérieurement en pensant que s’il lui prenait la main, elle le laisserait faire, en toute confiance...
Il lui parla de ses projets multiples et de la difficulté qu’il avait à tous les réaliser avant la fin de l’année. Il commençait un roman épistolaire, un ouvrage de plus de 200 pages, commandé par son éditeur et qui sera préfacé par un membre de l’Académie. Au son de sa voix, Aurore se rendit compte qu’il en était ravi, mais qu’en même temps cet honneur lui mettait une pression supplémentaire. Elle lui dit, pour l’encourager, que ce n’est pas tous les jours que Élisabeth Saint-Michel accorde un tel privilège, mais en pensée Aurore s’imaginait pouvoir elle aussi, un jour peut-être, être préfacée par une personnalité du monde littéraire. Elle eut beaucoup de mal à dissimuler un profond soupir...
Il allait donc se consacrer pleinement à ce roman et ne pouvait mener tous ses projets de front. Aussi lui proposait-il - elle en rougissait de plaisir - d’écrire le carnet de voyage de sa future expédition et pour ce faire, de l’accompagner dans son périple. Aurore n’en revenait pas, elle avait envie de crier un grand, un énorme « Oui », mais elle se retint, même si ses yeux n’arrivaient pas à cacher la réponse qu’il y lisait, lui, avec délectation.
Aurore n’était pas gênée d’apparaître en tant que nègre dans cet ouvrage, elle considérait même comme un honneur le fait qu’il soit publié avec la signature de cet écrivain reconnu. Elle était sûre d’apprendre énormément des retours qu’il lui ferait et d’être ainsi plus aguerrie pour publier un jour, elle-même, ses propres ouvrages. Peu lui importait alors la somme qu’il lui proposait, elle allait être au côté d’un maître et de surcroit, faire un splendide voyage de trois semaines.
Aurore accepta, avec une joie difficilement contenue, mais une de ces joies rares qui met l’âme en ébullition et qui fait résonner chaque neurone à l’unisson des battements du cœur.
Épilogue
Aurore avait déjà rencontré cet auteur, bien des fois, depuis de très nombreuses années, mais de loin, de très loin, sans le moindre lien physique entre elle et lui... Dans son niveau de conscience, elle ne pouvait se rendre compte qu’elle était en fait le personnage de cet auteur et que son créateur venait juste de décider que ce carnet de voyage serait écrit, certes avec un « je », mais que derrière ce « je » il n’y aurait non pas l’auteur, mais elle, Aurore, accompagnant son « papounet », mignon petit surnom, dont « elle » décidera de l’affubler.
Aurore a publié ce carnet de voyage en Scandinavie sur un blog spécifique, que l’Auteur et elle vous invitent à consulter : http://auroresinclair.over-blog.fr
Note : La nouvelle saison d’atelier d’écriture a commencé pour moi le 2 octobre. J’ai monté de classe, yes... Mais dans ce nouveau niveau, les consignes sont beaucoup plus ardues et j’avoue avoir peiné avec mon texte pour réussir à (presque) toutes les intégrer en 70 minutes... Je ne vous les livre pas en détail ici, elles sont trop nombreuses et difficiles à expliquer en quelques phrases. Disons pour résumer qu’il fallait raconter la rencontre d’un écrivain et de son nègre (personne qui ébauche ou écrit entièrement les ouvrages signés par un autre), avec 21 contraintes issues d’un questionnaire sur nos propres goûts littéraires, rédigé au préalable et sans savoir, bien entendu, qu’il deviendrait source des contraintes !
J’ai choisi de parler de moi et de mon personnage, Aurore, à qui j’ai fait écrire, à ma place, le carnet de voyage de mes vraies vacances. Autrement dit, je suis l’auteur et elle le nègre. J’ai touché à la difficulté de ne pas faire, pour une fois, une complète œuvre de fiction, où je suis beaucoup plus à l’aise. En traitant de moi et de mon personnage, j’ai éprouvé des difficultés auxquelles je ne m’attendais pas, mais ce fut un bon exercice, même si je reviendrai vite dans le cocon douillet de la pure fiction... Notez quand même qu'Aurore enjolive sacrément mon personnage, mais pardonnez la, car n'oubliez pas qu'elle a les yeux de mon héroïne et me voue un culte bien exagéré ; mais cabot, je la laisse faire :-)
Rédigé à 18:23 | Lien permanent | Commentaires (6)
Je suis resté bien muet sur ce blog, ne vous en offusquez pas, c’étaient les vacances ! Je pensais, fort naïvement il est vrai, que cette période serait propice à l’écriture, mais pas du tout, elle fut propice aux voyages, aux découvertes, à la culture, mais sous d’autres formes. Je suppose que l’écriture suivra, j’ai des images plein la tête, mais ça viendra dans quelque temps...
Ceci étant, je me suis quand même épanché par écrit sous les traits d’Aurore, mais sur un autre blog, spécialement dédié à un exercice qui m’a beaucoup amusé, même s'il a un peu déconcerté mes plus fidèles amis, et dans une moindre mesure mes propres enfants... J’ai voulu à la fois préparer un week-end d’écriture sur le thème du « carnet de voyage », qui aura lieu cette année dans mon atelier d’écriture, et me mettre dans la peau de mon personnage pour le rendre de plus en plus réel et crédible.
Je me suis donc servi de mes « vraies » vacances en Scandinavie pour rédiger un « vrai » carnet de voyage, au jour le jour, mais raconté, non par moi, mais par Aurore, qui devint le temps de cet exercice, ma « fausse » fille.
Sur le carnet de voyage d’Aurore Sinclair (c’est désormais son nom), vous découvrirez textes et photos de ce réel voyage, racontant mes vraies vacances : AuroreSinclair.over-blog.fr Vous pouvez bien entendu mettre des commentaires sur « son » blog (jouez le jeu et adressez-vous à Aurore) et c’est elle qui vous répondra, car moi, son « papounet », je continuerai à rester dans l’ombre.
Rédigé à 18:13 | Lien permanent | Commentaires (4)
Coucou Mamie,
Devine qui t’écrit ! C’est Aurore, ta petite fille préférée, hi, hi... J’espère que je te manque ma mamie, car toi tu me manques beaucoup. Vivement que je vous revoie tous, maman, papa, papy et toi !
Je suis arrivée chez tatie Jeanne dimanche dernier comme prévu. Avec tonton Adrien, ils sont venus me chercher tous les 2 à la gare de Montpellier. Le monsieur, qui accompagnait notre groupe d’enfants, a dit que j’étais très sage et que je faisais beaucoup plus que mes 8 ans. C’est vrai, hein mamie, que je suis courageuse de voyager seule sans vous. Maman a dit que 8 ans c’est beaucoup, lorsqu’elle m’a serré dans ses bras sur le quai de la gare de Roubaix. Je me souviens elle pleurait et pas moi, parce que je suis une grande fille.
Même si je suis vieille, ça me fait drôle d’être loin de vous tous. Pourtant, je suis bien ici, tatie s’occupe bien de moi et aussi des 2 autres enfants qui sont venus vivre chez elle et que je ne connaissais pas avant. Je joue beaucoup avec Sarah qui a 7 ans, elle est rigolote avec ses taches de rousseur partout et on passe nos journées dans le jardin. Qu’est-ce qu’il est grand le jardin de tonton, je crois qu’on n’en a pas encore fait le tour, ça veut dire qu’il est très grand, hein mamie. David fait du vélo, il a le droit parce qu’il a 10 ans lui, moi je peux pas, tatie dit que c’est dangereux.
Hier on a attrapé des papillons avec un filet, il y en a de magnifiques ici, c’est pas les mêmes que ceux qui vont dans le jardin de papy. J’en ai de 6 sortes différentes, dont un géant de 8 centimètres, je l’ai mesuré avec la règle de tonton.
Il est rigolo tonton, il est aussi bête que moi, hi, hi, il ne sait pas non plus comment ils s’appellent les papillons, alors on a cherché dans le dictionnaire avec David. Il est vieux son dictionnaire à tonton, il dit qu’il l’a acheté pendant la Grande Guerre, bien avant que je suis née. Mais je le crois pas, tonton, il dit des bêtises, c’est pas possible qu’il soit si vieux son dictionnaire, parce que les mots qui sont dedans ils sont toujours bons maintenant, alors...
Aujourd’hui on a pataugé dans l’étang à côté du bois, c’était génial ! Mais on a dû rentrer très vite en courant, parce qu’on a entendu des coups de feu et que tatie a eu très peur. J’ai bien couru, je suis arrivée la deuxième ! J’ai demandé à tatie pourquoi elle avait eu peur, mais je n’ai pas compris, elle dit que je suis encore trop petite pour comprendre toutes ces choses.
Mais j’ai 8 ans et je suis grande quand même, je les ai bien entendu parler en secret, même que tonton a dit qu’on allait couper la tête du monsieur qui avait dénoncé des gens à la mairie. C’est bien fait pour lui, c’est vilain de dénoncer, le maître il le dit tout le temps à l’école !
Tatie fait bien la cuisine, j’ai même mangé des pommes de terre, parce que tu sais ici, ils n’ont pas besoin de tickets, c’est pas comme vous dans le Nord. Tatie elle dit que c’est parce qu’on est en zone libre, c’est pour ça qu’on est libre de manger des patates, pas vous, hein c’est ça mamie ?
Tonton dit que la guerre va bientôt finir et qu’on va leur mettre la pâtée aux boches, il m’a fait bien rire à vouloir leur faire manger du pâté, mais il devrait pas nous faire rire quand on mange, parce que je me suis étranglée avec ma crème caramel !
Je t’aime ma mamie, embrasse tout le monde pour moi. J’attends que vous veniez me rejoindre.
Ta grande Aurore !
La consigne de cette première lettre de notre week-end d’écriture était d’écrire la lettre d’un jeune enfant à un de ses parents, alors qu’il est physiquement éloigné. De plus, 5 locutions devaient apparaître dans le texte : papillon, dictionnaire, tête tranchée, patauger, crème caramel.
J’ai eu très vite l’idée de placer une enfant, tant qu’à faire mon héroïne Aurore, dans une situation grave, mais que son jeune âge ne lui permettrait pas d’appréhender. J’ai voulu aussi ménager un suspens, afin que le lecteur ne comprenne le contexte dramatique qu’à la fin...
Rédigé à 18:28 | Lien permanent | Commentaires (7)
Posé à même la tablette
De l’armoire de toilette,
J’attends qu’il soit l’heure
De me mettre au labeur.
Ce matin qui sera le premier
À quitter le doux sommier ?
Qui d’abord se douchera,
Se séchera et puis se peignera ?
Pourvu que se soit Juliette,
Avec ses jolies couettes.
Mais pas l’autre ingrat,
Avec ses cheveux gras !
Faisant aussi office de brosse
C’est moi qui coiffe les gosses.
J’en ai vu des belles tignasses
Sur tous les enfants qui passent.
J’ai même croisé des poux,
Sur des têtes de hiboux !
J’ai démêlé des cheveux blonds,
Des courts et aussi des longs.
J’ai connu leur grand-mère
Avant de coiffer leur père.
J’ai même perdu une dent,
J’en suis devenu décadent.
J’ai cru qu’on allait me jeter,
Tout au bout de la jetée,
Quand j’étais en vacances,
Près de Saint-Paul-de-Vence.
Je suis resté inutilisé
Quand on m’a subtilisé.
Dans la poche oubliée,
D’un très vieux tablier.
J’ai cru mourir, échangé,
Pour un peigne étranger.
Tout moche, en plastique,
Écarté, car trop élastique.
Me changer ? Je suis en corne,
Ça dépasserait les bornes !
Même sans ma dent, je peigne
Les enfants qui se baignent.
Je me fais doux pour Juliette,
Pas question de griffer sa tête.
Avec je passerai des heures,
Tant elle me tient à cœur...
Paul est beaucoup trop violent,
Il se coiffe toujours en râlant.
Il arrive même qu’il me jette,
Comme une vulgaire serviette.
Leur mère est pleine d’attention,
Elle veille bien sur ma dentition.
Elle me nettoie avec grand soin,
Chaque fois que j’en ai besoin.
Oh, mais que se passe-t-il ?
Voici de nouveaux ustensiles.
Je ne suis plus le seul roi,
Me voilà rempli d’effroi.
Juliette reçoit une brosse,
Avec un joli manche en os.
Paul obtient un pot de gel,
Pour faire tomber les belles.
Demain serai-je encore là,
Ou en route pour l’au-delà ?
Se serviront-ils encore de moi ?
Comprenez mon grand émoi.
[Note technique : la consigne était de « livrer la mémoire d’un objet, à la première personne ». Une heure, format libre, je choisis d’abandonner la prose, pour la poésie, en 16 quatrains, uniquement en rimes plates pour donner plus de rythme. La difficulté était le temps court et l’absence d’un dictionnaire de rimes. Vu les contraintes, je trouve que je m’en suis plutôt bien sorti. Pour vous livrer ce texte, j’ai changé le prénom original de Jeannette en Juliette et j’ai amélioré trois rimes.]
Rédigé à 18:18 | Lien permanent | Commentaires (6)
Aurore observait le champ de blé onduler lentement en un majestueux et étrange ballet. Les épis étaient pour elle comme autant de petits rats dont les tutus, au lieu d’être immaculés, étaient dorés par les rayons puissants de l’astre qui, là haut, éclairait la scène de tous ses feux. Les flux et reflux des tiges, balancées au gré d’un vent capricieux, ondoyaient en vagues et en flots, telle une mer jaune, profonde et lumineuse.
Captivée par tant de poésie champêtre, Aurore rêvait, se prenant pour une navigatrice domptant les flots sur un frêle esquif ballotté par les lames, voguant à la recherche d’un port où s’abriter de la furie des éléments. Son esprit n’était pas moins troublé, tant ses pensées se bousculaient et s’entrechoquaient à chaque coup de lame qu’essuyait son embarcation. Il était temps de trouver refuge, de calmer ses émotions.
Aurore se rappela les paroles de son père, qui la prenant dans ses bras lui faisait retrouver son calme, elle arrêta de penser et fit le vide autant qu’elle pût, en se concentrant sur sa respiration. Éole en écho sembla baisser son souffle et la tempête cessa, la mer se calma et les blés ne dansèrent plus qu’en tous petits entrechats. Aurore n’était pas dupe, elle n’avait en rien maîtrisé Mère Nature, mais simplement elle-même. Elle avait conscience que le tumulte s’était installé en elle, car au dehors le vol des oiseaux piaillant au-dessus des champs ne montrait qu’harmonie.
Sa main était toujours crispée, enserrant le caillou blanc qu’elle avait trouvé sur le chemin. Parmi tant d’autres, ce caillou l’avait interpellée, non qu’il fut différent, non, simplement : par hasard. Aurore s’était alors demandé à quoi pouvait bien servir ce caillou et s’il avait un sens, une utilité. « À quoi servait donc ce caillou ? » Voilà plus d’une heure qu’elle tournait cette question en tous sens dans sa tête.
La seule conclusion qui s’imposait et que si elle savait à quoi servait ce caillou, elle serait alors l’Être Éternel, créateur du Ciel, de la Terre, d’elle et de ce caillou... Qui d’autre pourrait savoir, qui d’autre pourrait répondre ? Mais elle en était sûre, ce caillou devait bien servir à quelque chose, parce que s’il était inutile, tout serait inutile : les cailloux, le chemin, le champ de blé, le vent, la houle et... elle !
Aurore ne pouvait admettre l’inutilité de sa personne, tout en elle refusait qu’elle ne puisse servir à rien. Maintenant qu’elle regardait ce petit caillou blanc, elle comprit soudain à quoi il servait : une main invisible l’avait posé là, dans le seul but qu’elle le ramasse et qu’elle se pose tout un tas de questions sur elle-même. Aurore rit, puis le lança derrière elle sur le chemin et reprit sa route, le cœur léger...
[Note technique : exercice tiré d’un atelier d’écriture où la consigne est simplement de « croiser un caillou », format libre, personnages libres, 45 minutes]
Rédigé à 19:37 | Lien permanent | Commentaires (2)
Aurore debout au milieu de la pièce était pensive, cela faisait quelques minutes qu’elle restait immobile, plongée dans ses pensées. Elle n’avait pas vu entrer Mistigri, le chat câlin de sa grand-mère, qui se glissait maintenant gentiment entre ses jambes en ronronnant doucement. « Mistigri, tu vas te faire gronder, tu sais que mamie ne veut pas que tu montes au grenier », mais c’était peine perdue, ce chat n’en faisait qu’à sa tête et de toute façon, elle était plutôt contente qu’il soit venu lui tenir compagnie. « Regarde Mistigri, j’ai trouvé une vieille poupée emballée dans du papier de soie, elle est magnifique, on dirait qu’elle est toute neuve ! »
Reproduisant les gestes légèrement maladroits d’une jeune enfant, Aurore faisait marcher la poupée en direction de Mistigri, qui, prudent par nature, préféra reculer d’un bon mètre. C’est vrai qu’elle était belle cette poupée, avec ses grands yeux verts écarquillés, son nez parfait et ses lèvres en forme de cœur. « Elle est parfaite, tout comme moi ! » lança Aurore au milieu d’un éclat de rire tandis qu’elle s’approchait du vieux miroir ébréché, témoin lointain de ses tout premiers essais de maquillage. Elle n’était alors qu’une enfant et sa grand-mère l’avait remisé là après qu’il fut ébréché, par accident, alors qu’Aurore se chamaillait avec son petit cousin.
« Miroir dit moi qui est la plus belle ? » lança-t-elle en forme de défi tout en approchant la poupée de son visage. Le miroir, poli, ne dit mot et Aurore conclut elle-même, « c’est toi, pour sûr ». Dans une ancienne boîte de fer, dont le décor publicitaire s’était éteint au fil des ans, Aurore avait trouvé quelques habits neufs et une brosse. Assise à même le plancher poussiéreux, elle retrouvait les gestes oubliés, ceux d’une fille sage qui jouait. Elle pensait à sa mère qui se trouvait souvent à ses côtés, lisant ou tricotant, attendant toutes deux le retour de son père. Ce souvenir lui humidifia la joue, non qu’elle fut triste, mais simplement parce qu’elle était émue.
Des marches craquaient, c’était sa grand-mère qui grimpait la rejoindre. Mistigri prudent et sachant pertinemment qu’il avait fait une bêtise disparut derrière une pile de carton suivi par le regard amusé d’Aurore. « Mamie regarde, j’ai trouvé une poupée ! » dit-elle en montrant fièrement sa trouvaille. La vieille dame, un peu essoufflée de toutes les marches, s’assit dans le vieux canapé bancal, cela faisait longtemps qu’elle n’était pas venue ici et elle tournait la tête vers tous ses souvenirs entassés.
« Aurore, mon enfant, une vie est finalement bien peu de choses, je pourrais résumer la mienne en quelques bibelots, » elle sourit en repensant à son existence, pas toujours facile, mais pleine d’intensité. « Tu vois, cette poupée je l’ai reçue de ma tante, quand j’avais 12 ans, juste avant la guerre, tu te rends compte. À l’époque, ce n’était pas comme maintenant, on n’avait que bien peu de jouets et on s’amusait d’un rien, avec un bout de bois et un chiffon nous faisions une marionnette. Alors, tu penses, cette poupée était pour moi le plus beau des cadeaux du monde et j’étais la fille la plus heureuse de la Terre. » Elle ferma les yeux, pour mieux se remémorer ces instants et reprit « Elle était tellement belle, que je n’ai jamais joué avec, de peur de la casser ou de déchirer ses vêtements. »
Aurore qui la peignait avec de petits gestes délicats s’arrêta, se demandant si elle n’était pas en train d’offenser sa grand-mère. Remarquant sa gêne, mamie continua, « mais vas-y n’ai pas peur, je me rends compte maintenant, plus de soixante-dix ans plus tard à quel point c’était idiot, j’avais le plus beau des jouets du monde et je n’osais même pas la toucher, c’est absurde quand j’y repense ! »
Aurore reprit ses gestes, avec beaucoup de précautions. Elle songeait à sa grand-mère qui avait reçu un trop beau jouet et qui n’avait dû la peigner qu’avec les yeux et ne l’habiller qu’en pensées. C’était donc pour ça que cette poupée était si bien conservée et les habits comme neufs. Mais tant d’années à la regarder, à hésiter de la toucher, à y penser puis à y renoncer, à en rêver, Aurore imaginait maintenant la souffrance et la peine, mêlée de joie et de bonheur. C’était vraiment trop absurde pour elle, aussi n’écoutant que son cœur, Aurore se leva et vint se blottir contre sa mamie, elle lui mit la poupée dans le creux de son bras et lui tendit la brosse. Sans qu’il fût nécessaire de prononcer le moindre mot, Mamie comprit ce qu’elle voulait et alors que des larmes coulaient dans ses yeux, elle se mit à peigner pour la première fois sa poupée reçue soixante-dix ans plus tôt.
Le temps fit une pause, le carillon de la cuisine oublia de sonner, les aiguilles de toutes les horloges de la maison restèrent comme suspendues et Aurore, blottie contre sa mamie, accueillit Mistigri qui se mit à ronronner entre elles deux. Qui était la mère, qui était l’enfant, qui jouait, qui vivait, qui rêvait, nul n’aurait pu le dire, tant la communion de leurs deux âmes était parfaite. Il y avait une joie de petite fille à retrouver et le temps ne reprit sa marche que beaucoup plus tard...
Rédigé à 21:34 | Lien permanent | Commentaires (2)
Oh là là, je suis très impressionnée, j’ai un petit peu peur je l’avoue et je suis toute rouge ! Mais c’est un peu normal, c’est la première fois que je prends la parole devant vous tous... D’habitude, c’est « lui » qui vous écrit, mais aujourd’hui je profite qu’il soit absent pour vous écrire moi-même ; c’est en quelque sorte ma première escapade hors de mon monde.
Je suis Aurore, vous savez, celle dont vous suivez régulièrement les aventures, celle qui a conduit récemment un très joli coupé sport. J’avoue que ce fut une excellente balade, je me suis beaucoup amusée dans ce bel hôtel, vous auriez dû voir la tête du cravaté et du glaçonné quand je me suis mise à chanter, c’est inoubliable.
Quant à ma subjonctivite, elle est passée et je vais beaucoup mieux, j’en profite pour vous remercier pour toutes vos jolies cartes et pour vos fleurs. Mais quelle histoire, j’ai bien cru que j’allais m’embrouiller les méninges. Faut dire qu’on ne me ménage pas non plus, je vis de ces aventures, je vous dis que ça, mais enfin c’est vrai, vous le savez, puisqu’il vous raconte tout.
Je profite d’avoir la parole pour faire un petit coucou à Akel, mais je me demande vraiment ce qu’elle me prépare. Je sais qu’elle a déjà imaginé toute une nouvelle aventure pour moi, mais qu’elle n’est pas encore prête à vous la livrer, car vous l’impressionnez beaucoup. Bisous à toi mon amie lointaine, on ne va quand même pas se disputer à cause de Sébastien ;-)
Je salue également mes amies de l’atelier découverte, qui sont les marraines qui m’ont vue naître. Quel fou rire elles eurent pour ma naissance, faut dire que je suis quand même née, dans le plus simple appareil, à l’intérieur d’un poème dont elles avaient choisi les rimes !
J’envoie un tendre bisou à la fée qui protège mon papa, mon petit doigt me dit qu’il passe la journée avec elle aujourd’hui ; si vous l’aviez vu quand il est parti ce matin, il ne tenait plus en place, pressé qu’il était d’aller la retrouver, hi, hi. Un autre gros bisou à mon cher professeur, avec lequel je trinque de temps en temps et qui me prend pour une fleur bleue, il se moque un peu de moi, mais il m’adore je le sais.
Je n’oublie pas tous mes autres amis, qu’ils ou elles soient fées, princesses, qu’ils viennent de la belle province ou de n’importe quel endroit du monde, que ce soit en carrosse ou en roulotte, hi hi, bises à toutes et tous.
Mais je cause, je cause et ce n’est pas pour vous dire tout ça que je suis sortie de l’ombre, non, c’est simplement pour souhaiter un joyeux anniversaire à mon créateur, « joyeux anniversaire mon papa, je t’aime... »
Avec tous mes compliments, votre Aurore
Rédigé à 12:12 | Lien permanent | Commentaires (12)
Allez, pour changer, je vais vous livrer quelques impressions, très personnelles, sur la manière dont se construit un texte et répondrait ainsi aux interrogations légitimes de tout jeune écrivain (Akel si tu m’entends ;-). Je prendrais pour étayer mon propos le dernier texte que j’ai écrit, hier, lors de l’atelier d’écriture auquel j’ai participé. Que le texte créé soit bon ou mauvais, peu importe, ce n’est pas le problème, ce que je vous propose c’est de regarder, avec humour, comment se sont déroulées les 90 minutes de sa construction.
Début de la séance 14h30, disons en fait 15h00, le temps d’échanger avec les autres participants. Ce qui veut dire une préparation psychologique dès le réveil pour éviter d’arriver avec l’esprit nébuleux, l’important est en effet d’être en condition, d’avoir l’esprit libre et prêt à créer, sans le moindre a priori. Car c’est là le propre d’un atelier d’écriture, on ne sait absolument pas à l’avance ce que l’on va nous proposer et donc, absolument pas, ce que l’on va écrire, sous quelle forme, à partir de quels éléments ou vers quel objectif. Si vous me le permettez, je dirais que nous arrivons tout nus avec juste une feuille de papier et un stylo (c’est une image ;-)
L’objectif du jour, donné par l’animateur, est de créer un texte de format libre qui aura la particularité d’être construit en 3 étapes successives par le biais de 3 consignes d’écriture. Seule la première sera donnée pour commencer, le texte s’arrêtera donc dans le vide, puis reprendra sur une seconde consigne, s’arrêtera suspendu une nouvelle fois, puis repartira sur une troisième et dernière consigne. Une minute suffit à expliquer chaque nouvelle consigne, ce qui signifie que l’écriture est en fait à peine interrompue et que les 3 phases de 30 minutes s’enchaînent. L’ensemble devra bien évidemment être cohérent et le texte ne sera lu et partagé avec les autres participants, qu’à la fin de la séance. L’animateur ajoute que les consignes proviendront de 3 tableaux du peintre américain Edward Hopper.
Tous les participants saisissent immédiatement la difficulté de l’exercice et sentent tout de suite qu’ils vont avoir du mal à imaginer une histoire dont on ne pourra envisager la fin qu’après en avoir écrit déjà les deux tiers. Essayez de vous mettre avec nous, imaginez-vous assis à notre même grande table, nu, votre stylo à la main (je plaisante ;-)
Ainsi, mis en condition psychologique nous dégainons nos plumes et écoutons attentivement notre première consigne : « Observez ce tableau, c’est la nuit, vous voyez une maison éclairée devant laquelle se trouve un écriteau « rooms for tourits » (chambres pour touristes). Écrivez un premier texte dont l’action se passera entièrement hors de cette maison, avec un seul personnage, homme ou femme, et s’arrêtera pile au moment où il y entrera. »
Si vous êtes tout nu, autrement dit que vous vous êtes mis en condition, vous voila avec votre feuille vierge et votre stylo plein, devant un grand blanc. Vous allez devoir le combler et vous avez trente courtes (ou longues, c’est selon) minutes devant vous.
Le silence dure à peine quelques secondes et les plumes se mettent à glisser sur le papier.
Comme il fallait un et un seul personnage entrant dans cette demeure, j’envisageais immédiatement de placer mon héroïne. Il me fallait un lieu, je n’avais pas envie de la situer aux États-Unis, je choisis donc de la laisser en France, sans en préciser l’endroit (je n’avais pas d’idée). Ma première phrase est d’une nullité totale, elle m’a juste permis de rompre la blancheur de la feuille ; le plus dur étant, c’est bien connu, de commencer. D’où cette description hasardeuse où on se demande ce que viennent faire ici des peupliers ondulants d’Italie ;-)
Mais peu importe, ce qu’il fallait c’était démarrer. La seconde phrase introduit mon personnage (ben oui, j’allais quand même pas vous parler du paysage pendant 10 minutes). J’ai eu, l’espace d’un bref instant, envie de placer une phrase du genre de la désormais célébrissime, « si a 30 ans t’as pas un coupé sport, c’est que t’as raté ta vie. » D’où le coupé sport et les ray-ban, mais j’ai immédiatement jugé que l’histoire ne permettra plus ce genre de digression, aussi les ray-ban serviraient à cacher les yeux tristes d’Aurore.
Maintenant que le mot « triste » était sorti de mon stylo, il fallait que je trouve une raison ! Et ainsi de suite, le texte se construisit comme ça, une phrase après l’autre, sans finalité autre que celle d’arriver devant la porte d’entrée de ce qui pour moi serait un hôtel. Mais j’y arriverai à cette foutue porte avec un personnage, dans un certain état d’esprit et avec un certain bout de justification. A ce moment précis, fin de la première consigne, Aurore est toujours triste et je n’envisage pas encore qu’elle redevienne joyeuse.
Seconde consigne « sur cet autre tableau, vous imaginez cette fois être à l’intérieur et votre personnage rencontre deux personnes, un homme et une femme si c’est un homme, deux hommes si c’est une femme. Faites-les se rencontrer. Arrêtez-vous quand votre personnage dormira. »
Ben voila autre chose, maintenant Aurore va devoir rencontrer deux types. Là, j’envisage tout un tas de possibilités, mais je refuse instinctivement qu’elle se lie à eux, je sais immédiatement qu’elle ne fera que les rencontrer, elle restera fidèle à Sébastien. Je ne savais pas encore que je pousserais jusqu’au point où elle ne leur parlera même pas ! J’envisage également de suite que la rencontre se passera au bar. Mais j’ai trente minutes devant moi, donc tout le temps pour lui faire rencontrer la personne de l’accueil et décrire sa suite.
Le scénario ne s’est mis en place que lorsque j’ai situé les deux hommes aux extrémités du comptoir et que j’ai écrit qu’ils ne se parlent pas et ne veulent pas se parler. À cet instant précis, je savais qu’Aurore allait chantonner et transformer l’ambiance, je n’avais plus qu’à laisser glisser ma plume.
Troisième et dernière consigne « sur ce dernier tableau, une personne est assise sur des marches, que nous imaginons derrière la maison, votre personnage va vers cette personne. »
Là j’étais content, la consigne était assez facile et je décidais de lui faire rencontrer le glaçonné (dont le nom s’est imposé par le fait que le premier homme était devenu le cravaté, j’ai trouvé la licence amusante et collant bien avec l’esprit d’Aurore). Encore une fois trente minutes, largement de quoi réveiller doucement Aurore et lui faire engloutir 3 croissants. Le reste est venu tout seul, je n’ai imaginé le côté suicidaire du glaçonné qu’en l’écrivant, mais en évitant d’être trop noir malgré tout. Pour soigner la conclusion, je lance Aurore dans les bras de Sébastien, histoire de faire une belle fin.
Voilà donc comment se sont déroulées les 90 minutes et vous pouvez maintenant vous rhabiller ! Alors bien évidemment on ne fait pas de la grande littérature dans ce genre d’exercice, le temps est compté et on n’arrive même pas à se relire, ou vraiment à toute vitesse.
Le plus intéressant est ce qui suit, la lecture devant les autres et le partage de nos textes. Nous étions 5 et nous avons obtenu 5 textes extrêmement différents, mais de longueur et surtout - de qualité - équivalente. Si certains les mettent publics, je vous donnerai les liens.
· Un jeune homme débarque en Irlande et retrouve dans cette maison son père et sa maîtresse ;
· Une femme rêve, elle rencontre son grand-père qui tient cet hôtel et elle lui pardonne ;
· Un homme a arrangé minutieusement ses vacances, mais en fait il se trompe d’hôtel ;
· Un homme retrouve sa femme et son amant, il le tue et repart avec elle ;
· Aurore réconforte un inconnu et se réconforte elle-même.
Du commentaire des autres sur mon texte je retiendrais avec raison qu’Aurore est trop naïve et fleur bleue pour être totalement crédible. Je me suis défendu en disant que je la voulais superficielle au-dehors, mais profonde dans ses sentiments et ses actions, avec un décalage sur lequel jouer. Je sais qu’il va falloir que j’affine ça ;-)
Pour conclure, je dirais que je suis plutôt content de mon texte. Je me suis bien amusé à l’écrire et je me suis fait plaisir, ce qui est finalement le plus important ;-)
Rédigé à 16:04 | Lien permanent | Commentaires (3)
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